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Anti-romantisme et subjectivation de la politique : Schmitt et Sartre
Philip Knee - 11-07-2007 - Langue : Français
L’article traite de la caractérisation par Carl Schmitt du romantisme politique comme un occasionnalisme subjectivé, en la rapportant à la pensée de Sartre. Celle-ci opère une moralisation ou une esthétisation de la politique qui semble donner à la critique schmittienne sa pertinence au XXe siècle. Mais elle est conduite sur le mode de la dénégation, au nom d’un antiromantisme militant, dont l’ouvrage de Sartre sur Flaubert est en quelque sorte le couronnement. L’antiromantisme schmittien se veut au service de la reconnaissance d’un ordre politique autonome, alors que celui de Sartre est l’alibi d’une déréalisation de cet ordre. Il convient alors de s’interroger sur cette politique anti-politique, ou cet antiromantisme romantique, quant à certains de ses ressorts et de ses effets récents dans nos démocraties libérales.
The article considers Carl Schmitt’s critique of political romanticism as subjectivized occasionalism by relating it to Sartre’s thought. The latter’s moralisation and esthetizisation of politics provides an illustration of Schmitt’s critique in the XXth century. But Sartre presents political commitment through an antiromanticism of his own, as can be seen in his work on Flaubert. Schmitt’s antiromanticism aims at a recognition of politics as an autonomous sphere, whereas Sartre’s provides a cover for a persistent avoidance of the constraints of politics. Such an antipolitical politics or antiromantic romanticism can be seen as one of the features of recent political experience in our liberal democracies.