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Aux aguets: Histoire et conscience
Pierre Pachet -
27-05-2010
- Langue : Français
Pierre Pachet tente, dans ce texte synthétique et lumineux, une sorte d’autobiographie intellectuelle, en dévoilant les grandes étapes de son parcours d’homme et d’auteur ; la Guerre, l’Occupation, bien sûr, telles qu’il les a vécues et avec les blessures qu’elles ont laissé en lui, mais aussi l’itinéraire philosophique et littéraire qui l’a amené à prendre une autre conscience de lui-même, à poser un autre regard sur l’Histoire.
Il expose une vision originale de la littérature, perçue comme un moyen de connaissance de soi et du monde, et comme un compagnon fraternel permettant de se construire, de se reconstruire.
« Au-delà de ce que j’ai vécu et éprouvé moi-même, l’inquiétude dont j’ai fait l’une des sources et l’un des thèmes de ma réflexion fait aussi délibérément écho à l’incertitude dramatique des années 30 et de la guerre qui les suivit, d’une époque où les événements étaient inséparables de l’angoisse, de la menace vitale, de l’intrusion violente des données politiques dans la vie privée et familiale de chacun. De l’époque de mes parents. D’ailleurs, mon angoisse la plus intime, la plus personnelle, je ne la mets pas en relation directe avec ces événements-là, comme si j’écartais l’une de l’autre mon angoisse et l’angoisse de mes parents, ou plutôt ma petite difficulté à vivre et la grande tragédie européenne. Encore aujourd’hui, je ne peux percevoir le rapport entre les deux. L’angoisse d’enfant que je transporte toujours avec moi, je la ressens comme trop individuelle. Les années 30 et 40, c’est évidemment bien plus tard que j’ai commencé à en prendre une connaissance approfondie, dans mon adolescence, quand nombre de débats sur le nazisme, le stalinisme sont venus éveiller les consciences, susciter des recherches historiques ou s’en nourrir, attirer l’attention sur des œuvres ou des auteurs. Ce qui se jouait alors était d’abord, bien sûr, la possibilité d’accéder à la vérité de ce qui avait eu lieu, y compris en redessinant des figures historiques qui avaient paru aussi intouchables que naguère celles de Jeanne d’Arc ou de Louis XVI dans les manuels d’Histoire de nos enfances. »
Pierre Pachet tente, dans ce texte synthétique et lumineux, une sorte d’autobiographie intellectuelle, en dévoilant les grandes étapes de son parcours d’homme et d’auteur ; la Guerre, l’Occupation, bien sûr, telles qu’il les a vécues et avec les blessures qu’elles ont laissé en lui, mais aussi l’itinéraire philosophique et littéraire qui l’a amené à prendre une autre conscience de lui-même, à poser un autre regard sur l’Histoire.
Il expose une vision originale de la littérature, perçue comme un moyen de connaissance de soi et du monde, et comme un compagnon fraternel permettant de se construire, de se reconstruire.
« Au-delà de ce que j’ai vécu et éprouvé moi-même, l’inquiétude dont j’ai fait l’une des sources et l’un des thèmes de ma réflexion fait aussi délibérément écho à l’incertitude dramatique des années 30 et de la guerre qui les suivit, d’une époque où les événements étaient inséparables de l’angoisse, de la menace vitale, de l’intrusion violente des données politiques dans la vie privée et familiale de chacun. De l’époque de mes parents. D’ailleurs, mon angoisse la plus intime, la plus personnelle, je ne la mets pas en relation directe avec ces événements-là, comme si j’écartais l’une de l’autre mon angoisse et l’angoisse de mes parents, ou plutôt ma petite difficulté à vivre et la grande tragédie européenne. Encore aujourd’hui, je ne peux percevoir le rapport entre les deux. L’angoisse d’enfant que je transporte toujours avec moi, je la ressens comme trop individuelle. Les années 30 et 40, c’est évidemment bien plus tard que j’ai commencé à en prendre une connaissance approfondie, dans mon adolescence, quand nombre de débats sur le nazisme, le stalinisme sont venus éveiller les consciences, susciter des recherches historiques ou s’en nourrir, attirer l’attention sur des œuvres ou des auteurs. Ce qui se jouait alors était d’abord, bien sûr, la possibilité d’accéder à la vérité de ce qui avait eu lieu, y compris en redessinant des figures historiques qui avaient paru aussi intouchables que naguère celles de Jeanne d’Arc ou de Louis XVI dans les manuels d’Histoire de nos enfances. »
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