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Quelle bisexualité à l’adolescence ?
Patrick Delaroche - 22-05-2008 - Langue : Français
A partir d’une lecture des textes fondamentaux de la psychanalyse, une analyse précise des questions liées à la bisexualité chez le adolescents.
« La bisexualité est à la mode chez les adolescents. Les raisons en sont simples : réelle ou imaginaire, elle permet d’éviter pour un moment encore de choisir son sexe – j’allais dire son camp. Nous aurions donc affaire dans ce fameux processus d’adolescence à une nouvelle sexuation, à une réviviscence post-œdipienne d’un choix du sexe en fait préœdipien (…). Le choix de la sexualité par l’adolescent participe en effet de son identité et c’est bien en cela que la bisexualité renvoie en fait à une véritable bisexuation. Mais loin d’offrir le confort d’une causalité organique et d’une double personnalité, cette bisexuation, au contraire de la bisexualité, ouvre les gouffres du clivage entre un sexe réel et un sexe psychique parfaitement définis quand ils sont opposés chez le même individu. »

 

Pour une réelle auto-évaluation
Patrick Delaroche - 22-05-2008 - Langue : Français
Une réflexion sur la question de l’évaluation des pratiques psychanalytiques et psychothérapeutiques, ainsi que sure celle des centres de soins qui les mettent en œuvre.
« L’évaluation dont on nous rebat les oreilles est employée aussi bien en ce qui concerne le rapport Inserm sur les psychothérapies, que l’activité de nos établissements. C’est dire notre inquiétude : la prévalence artificielle qui y est donnée aux thérapies cognitives par rapport aux thérapies d’inspiration psychanalytique laisse mal augurer quant à la mesure de notre fonctionnement. » (…)
« Comme on a essayé de le montrer, une mesure de l’activité n’est pas incompatible avec des critères de prise en charge se référant à la psychanalyse, de la même façon que le bon sens n’est pas incompatible avec l’exercice freudien. Simplement, cette mesure ne doit rigoureusement concerner qu’un type d’établissement, voire un seul établissement et s’appuyer sur l’activité telle qu’elle est contrôlée par nos tutelles. De plus, comme on l’a vu, elle ne saurait que mêler intimement le quantitatif et le qualitatif, sans quoi elle perd tout sens et tout intérêt. »

 

L’adolescent à la recherche de nos limites
Patrick Delaroche - 22-05-2008 - Langue : Français
« Une réflexion sur la relation thérapeutique avec l’adolescent, en particulier en institution. Par rapport au concept de limite, cette relation souffre d’un paradoxe qui devrait nous interroger : nous paraissons en effet leur offrir, avec nos méthodes, une jouissance, certes limitée à nos yeux, mais illimitée aux leurs. » (…)
« Ce qui paraît intéressant pour notre sujet en revanche, et en particulier pour tous ces cas qui semblent quitter l’habillage du transfert « amical et tendre » dès qu’ils franchissent le pas d’une institution où, il faut bien le dire, celui-ci est mis à rude épreuve, c’est qu’un nouveau transfert n’est possible que s’il s’appuie, s’il s’étaye littéralement sur nos propres limites. Tout se passe comme si, avant de connaître ces limites, l’adolescent ne pouvait pas faire la différence entre nous, thérapeutes, et n’importe quel adulte dont il se méfie. Notre offre de tout entendre lui paraît alors complètement fallacieuse. Mettre des limites extérieures n’a pas plus de valeur à ses yeux : bien au contraire, il y voit une preuve que nous sommes des adultes interdicteurs. En revanche, lui prouver la réalité de nos limites en ce qui le concerne, lui, et sa problématique, loin de lui fermer un horizon, semble au contraire faire le seuil d’une entrée dans le monde imaginaire du fantasme, sinon dans une relation thérapeutique, du moins dans une problématique de sujet. »

 

L’adolescence aujourd’hui
Patrick Delaroche - 03-06-2008 - Langue : Français
L’auteur analyse, en s’appuyant sur son expérience de clinicien, la problématique de l’adolescence.
« J’ai été conduit à réfléchir à quoi correspondait pour le psychisme cette crise si variable dans le temps, si diverse dans ses aspects, si polymorphe dans sa pathologie. Or j’en ai conclu après Freud et d’autres, dont Peter Blos en particulier, qu’il y avait bien un processus d’adolescence et que ce processus aidait à comprendre, à accompagner et même à guérir des pathologies très diverses.
Ce processus associe deux mouvements opposés, plus ou moins conscients, mais perceptibles par chaque parent, chaque praticien : le défi obligé – j’allais dire obligatoire – envers le passé de ses géniteurs et corrélativement l’affirmation de soi, d’une part, et le deuil de l’enfance d’autre part. (…) »
« La pathologie épouse ce processus, soit dans ses manifestations excessives (le défi), conduisant aux passages à l’acte ou conduites à risque, à l’angoisse, à la psychopathie, soit au contraire dans ses manifestations dépressives pouvant donner lieu à des décompensations psychotiques. »

 

Le processus d’adolescence entre psychodrame individuel et psychanalyse Un exemple de psychodrame
Patrick Delaroche - 03-06-2008 - Langue : Français
« La guérison d’un symptôme majeur par quelques séances de psychodrame individuel chez une adolescente par ailleurs régulièrement suivie en psychothérapie psychanalytique me permettra de comparer les deux méthodes et d’en esquisser le ressort. Mais d’abord, comment envisager métapsychologiquement le processus lui-même ? (…)
Il semble bien que, si on la compare à celle de l’analyse, la fonction du psychodrame – et c’est tout à fait paradoxal – consiste à dissoudre cet imaginaire qu’on peut qualifier de tous les mots : jouissif, mortifère, clivé, désintriqué, pour le lier au symbolique et transformer le discours convenu et conformiste en parole pleine. La psychanalyse, au contraire, par son dispositif, favorise cet imaginaire, lui laisse libre cours, d’où le danger de décompensation qu’elle risque d’entraîner chez certains jeunes patients, de structure psychotique en particulier, tandis que le discours du névrosé pourra au contraire régresser utilement. C’est sans doute parce que les adolescents éprouvent de plus en plus le besoin de se séparer psychiquement des parents, c’est sans doute parce que nombre de leurs symptômes sont signes de l’empêchement de ce besoin, que le psychodrame individuel, plus que l’analyse, a les faveurs de leur âge, quitte à tout recommencer grâce à la psychanalyse… plus tard. »

 

Le transfert adolescent
Patrick Delaroche - 04-07-2008 - Langue : Français
Une réflexion sur la notion de transfert chez le patient adolescent, s’appuyant sur les textes de référence de Freud et Lacan –notamment le commentaire que propose celui-ci du Banquet de Platon-, et sur des cas concrets de patients analysés.
« Le transfert est donc à la fois ce qui ouvre l’inconscient et ce qui le ferme. Et cette dichotomie lui est consubstantielle : c’est ce que Lacan formalisera à différentes reprises, en séparant un transfert imaginaire d’un transfert symbolique, le premier se caractérisant par une relation d’égal à égal, de moi à moi, dans laquelle l’analyste est un petit autre aimable ou détestable; le second étant l’effet d’une parole pleine adressée à celui qui peut l’entendre. Le premier est donc du côté de la résistance, le second de celui du progrès. » (…)
« Pour conclure, je dirai que cette analyse a épousé le processus adolescent. L’idole disparaît progressivement en échange du transfert ou plutôt le transfert adolescent sur l’idole disparaît au profit du transfert analytique. L’idéal du moi se construit à partir du moi idéal et dans la projection, il ne peut être introjecté comme tel avant que sa construction soit achevée. C’est pourquoi j’ai pu dire que le transfert analytique relayait le transfert adolescent . Ensuite, et comme dans toute analyse, l’analyste déchoit, chute littéralement. Cette déchéance accompagne celle du moi idéal : «Je ne serai jamais que moi.» C’est ce qui signe l’introjection de l’idéal du moi, la fin de l’analyse… et celle de l’adolescence. »