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Brefs essais critiques sur la peinture et les peintres contemporains
Emmanuel Brassat - 15-05-2008 - Langue : Français
L’ensemble des textes qui composent ce recueil est formé de très brefs essais critiques sur la peinture et les peintres contemporains rédigés entre 1999 et 2007. Ils forment, réunis pour être lus ensemble, un parcours progressif, poétique, critique et réflexif, au sein des aspects qu’aborde l’art pictural d’aujourd’hui et des questions qu’il soulève sur les plans formels et thématiques. Plus particulièrement, il y est question de la persistance de la peinture après l’annonce qui avait été faite, à la fois par les artistes et la critique, de sa probable disparition à la fin du vingtième siècle. Ils présentent également des éléments de réflexion sur la nature de l’art moderne, ses crises et ses ruptures, ses inventions, ainsi que sur les conditions intellectuelles et formelles de la production artistique, plus spécifiquement quant à l’image et au corps dans la peinture d’aujourd’hui.

 

Jan Dibbets, faire chanter le concept Jan Dibbets, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1994
Jean Frémon - 21-07-2008 - Langue : Français
Une présentation de la démarche artistique de Jan Dibbets.
« La photographie (il travaille toujours à partir de clichés qu’il a pris lui-même) serait un peu, pour Dibbets, ce que le dessin était pour Saenredam, un relevé d’éléments, un réservoir d’idées, un stimulant pour l’œil, une matière première pour servir à la peinture, à ce que doit être la peinture, l’art d’animer une surface, de lui donner vie en lui insufflant de l’esprit. (…) Transformer une image réelle (la photographie d’une chose) en image abstraite (un rythme, des proportions) entièrement issue de l’imaginaire et qui retient cependant en elle une référence à la réalité, une teneur en réel. Fabriquer à partir de là, un objet esthétique qui tienne également à distance l’arbitraire et le contingent, sans plus craindre de s’habiller des séductions que la lumière et la couleur apportent. C’est à cette transmutation périlleuse et chaque fois sauvée que parvient aujourd’hui l’art de Jan Dibbets. »

 

Sean Scully, la couleur, l’infini Repères n° 141
Sue Hubbard - 08-12-2008 - Langue : Français
« La peinture de Scully est pleine de sentiments qui témoignent des difficultés et des complexités des relations. Pour lui, la peinture purement minimaliste est absence de vie, inertie. Comme les maîtres anciens, Scully s’intéresse à la touche, au geste qui révèle les hésitations de l’artiste, ses réflexions et sa vulnérabilité. Le désir de « marquer » la toile est lié au désir atavique de l’homme de marquer sa présence, de laisser une trace. Ses tableaux, à la fois remplis d’espoir et empreints de doute et de crainte de l’échec – n’est-ce pas le propre de toute activité humaine ? – sont des actes de foi. Ils affirment la présence combative de l’esprit humain dans un monde dominé par la technologie et la mécanisation. Scully peint avec son corps, pas seulement avec sa tête. Ses tableaux dégagent une spiritualité profonde, comme ceux de Piet Mondrian chez qui la réduction et l’épuration des formes correspondaient à une poursuite mystique de l’Absolu motivée par des croyances théosophiques. C’est une manière de découvrir sa présence au monde.»« La peinture de Scully est pleine de sentiments qui témoignent des difficultés et des complexités des relations. Pour lui, la peinture purement minimaliste est absence de vie, inertie. Comme les maîtres anciens, Scully s’intéresse à la touche, au geste qui révèle les hésitations de l’artiste, ses réflexions et sa vulnérabilité. Le désir de « marquer » la toile est lié au désir atavique de l’homme de marquer sa présence, de laisser une trace. Ses tableaux, à la fois remplis d’espoir et empreints de doute et de crainte de l’échec – n’est-ce pas le propre de toute activité humaine ? – sont des actes de foi. Ils affirment la présence combative de l’esprit humain dans un monde dominé par la technologie et la mécanisation. Scully peint avec son corps, pas seulement avec sa tête. Ses tableaux dégagent une spiritualité profonde, comme ceux de Piet Mondrian chez qui la réduction et l’épuration des formes correspondaient à une poursuite mystique de l’Absolu motivée par des croyances théosophiques. C’est une manière de découvrir sa présence au monde.»

 

Sean Scully, un entretien Repères n°126
Michael Peppiatt - 08-12-2008 - Langue : Français
Un entretien au cours duquel Sean Scully analyse sa démarche et commente son œuvre.
« SS : Je conçois la peinture, ou ma peinture en particulier, comme un pont vers les autres. J’utilise tout le temps ces titres, Pont, Fenêtre. Ils veulent dire la même chose, d’une certaine façon, puisqu’il s’agit toujours d’aller en dehors de soi. C’est ce que je veux faire. J’essaie toujours de peindre des tableaux qui permettent d’aller ailleurs dans la vie. Autrement dit, je ne crée pas des tableaux destinés à être simplement regardés, appréciés de l’extérieur. C’est ce que font souvent les peintres, surtout les peintres abstraits. Mes tableaux ne sont pas faits pour fonctionner de cette façon. Ils doivent servir de ponts.
MP : C’est une aspiration métaphysique à aller au-delà...
SS : Sur un certain plan, oui. C’est en tout cas une aspiration religieuse et spirituelle. Je crois qu’il y a une dimension spirituelle très forte. Beaucoup d’ingrédients entrent dans mes tableaux. Il y a évidemment la géométrie simple, le dessin simple d’un bout à l’autre. Et puis il y a le rythme, la même sorte de rythme que l’on trouve dans le tissage et les arts populaires à travers le monde, au Maroc, dans d’autres régions d’Afrique, en Irlande, en Laponie... »